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1.18.2010


A
u soir d'une scintillante journée de juillet, tandis que sur les plages, les estivants s'amusent dans l'insouciance des beaux jours retrouvés, et qu'à Paris, les badauds accablés de chaleur, contemplent les premiers panaches du feu d'artifice traditionnel, Amélie Poulain, que l'on surnommait aussi 'la marraine des laissés pour compte' ou 'la madonne des mal-aimés', succombe à son extrême fatigue. Sous les fenêtres d'un Paris accablé de chagrin, des millions d'anonymes en deuil se pressent le long du cortège et lui témoignent en silence l'incommensurable douleur de se sentir désormais orphelins. Etrange destin que celui de cette jeune femme, dépossédée d'elle-même, pourtant si sensible au charme discret des petites choses de la vie. Telle Don Quichotte, elle avait résolu de s'attaquer à l'implacable moulin de toutes les détresses humaines. Combat perdu d'avance, qui consumma prématurément sa vie. A 23 ans, à peine, Amélie Poulain, exsangue, laissait sa courte existence s'étioler dans les remous du mal de vivre universel. Mais c'est là que l'attendait le regret lancinent d'avoir laissé mourir son père, sans qu'elle n'eut jamais essayé de redonner à cet homme asphyxié la bouffée d'air qu'elle était parvenue à insuffler à tant d'autres.

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